Malawi : Les résidus de culture aident les agricultrices et les agriculteurs à protéger leur maïs contre la sécheresse

26 September 2016
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Les petits producteurs et productrices de maïs de plusieurs localités malawites sont préoccupés par la sécheresse qui sévit actuellement. Certaines régions n’ont reçu aucune pluie depuis deux ou trois semaines, et les cultures de maïs sont menacées.

Mais Halieti Manyenje a recouvert son champ de résidus de culture et elle espère que son maïs résistera. Elle explique : « Mon champ est toujours humide et l’état des cultures semble montrer que celles-ci résisteront à la sécheresse en cours. C’est parce que j’ai utilisé des résidus de culture pour [protéger] le sol de la chaleur du soleil. »

Mme Manyenje vit à Mwalembe, un village situé non loin du lac Malawi, dans le district sud de Mangochi. Elle affirme que les effets de la sécheresse sont très prononcés dans sa région. Elle explique : « Aujourd’hui, nous sommes dans la deuxième semaine de janvier 2016, mais les pluies ont cessé le 20 décembre . . . Le maïs est en train de se faner dans plusieurs champs et [en train] de brûler, car les sols commencent à s’assécher. Les agricultrices et agriculteurs qui n’ont pas recouvert leurs champs de résidus de culture de maïs devront semer à nouveau quand il recommencera à pleuvoir. »

Mme Manyenje a appris à utiliser les résidus de culture en 2012 en écoutant la radio communautaire Dzimwe. Elle explique : « J’ai entendu l’agent de vulgarisation à la radio qui disait que nous devions utiliser les résidus de cultures de maïs pour conserver l’humidité des champs, car notre district est en proie à des précipitations irrégulières et à des périodes de sécheresse liées au changement climatique. J’ai suivi ces conseils et cela m’a aidé. »

Les résidus de culture augmentent également les récoltes de Mme Manyenje. Elle explique : « Lorsque les résidus de culture se décomposent, ils fertilisent le sol. Avant que je ne commence à utiliser ces résidus sur une partie de mon champ d’un hectare, j’avais l’habitude de récolter 15 sacs de maïs. Mais l’an dernier, j’en ai récolté 30. »

Loniya Phiri est une agricultrice du village de Mwalembe qui a commencé à recouvrir son champ de maïs de résidus de culture en 2014. Elle dit que les résidus ont d’autres avantages. Elle explique : « Lorsqu’un champ est recouvert de résidus de culture, cela permet d’économiser du temps et de l’argent parce que vous n’avez pas [besoin] de sarcler ou tracer de stries. Les résidus de culture empêchent les mauvaises herbes de pousser. J’ai désormais beaucoup plus de temps à consacrer à d’autres cultures comme le manioc et les patates douces. »

Mme Manyenje soutient que les agricultrices et les agriculteurs de son village se fient à la radio communautaire Dzimwe pour s’informer sur les effets du changement climatique. Elle est membre d’un groupe d’écoute radiophonique dénommé Nakundu qui se réunit chaque mardi après-midi pour écouter les émissions agricoles à la radio. Le groupe possède une parcelle de démonstration où ils mettent en pratique ce qu’ils apprennent à la radio.

Justice Sumaili est le chef de programmes de la radio communautaire Dzimwe. Il déclare : « Nos émissions radiophoniques aident plusieurs agricultrices et agriculteurs à avoir des informations sur l’utilisation des résidus de culture afin de minimiser les effets du changement climatique. Cette année, les agricultrices et les agriculteurs ont utilisé des résidus dans leurs champs de maïs [et cela les a aidés] beaucoup parce que leurs cultures ont l’air d’être en meilleur état que celles de leurs collègues qui ne l’ont pas fait. »

Dola Yahaya cultive également à Mwalembe. Elle affirme que, bien que les résidus de culture aident les agricultrices et les agriculteurs de son village, la pratique comporte certaines difficultés. Elle explique : « Les chèvres et le bétail . . . consomment les résidus de cultures dans nos champs. On en trouve très peu dans ma région, [par conséquent], il est difficile de recouvrir un hectare de champ de maïs de résidus de culture. » Mme Yahaya ajoute que les termites se nourrissent également de résidus de culture.

L’an dernier, Mme Manyenje a recouvert près de la moitié de son champ de résidus de culture. Maintenant, elle voit les effets bénéfiques que cela procure, et elle a l’intention de couvrir tout son champ cette année.

Cet article a été initialement publié le 18 janvier 2016.