Tanzanie : Des cultivateurs et des cultivatrices de sorgho trouvent des moyens ingénieux de faire fuir les oiseaux

11 Juillet 2016
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Dans le village de Msisi, les champs de sorgho ont l’air un peu étranges. Des sachets noirs, blancs et transparents flottent au-dessus des tiges.

Le village de Msisi se trouve à dix minutes de trajet en voiture de la ville de Singida, au centre de la Tanzanie. Fatuma Ali Lida est une agricultrice locale qui a toujours cultivé le sorgho. Elle cultive cette céréale pour nourrir ses huit enfants de façon à pouvoir vendre le tournesol qu’elle cultive aussi. Mais, lors de chaque nouvelle saison, elle peine à empêcher les oiseaux de dévorer sa culture avant les récoltes.

Cette année, la femme de 53 ans a testé quelques idées originales pour remédier au problème d’oiseaux.

À l’instar de plusieurs agricultrices et agriculteurs de cette région, elle attache des sachets en plastique à la partie supérieure du plant de sorgho, de sorte qu’ils puissent flotter au vent et faire peur aux oiseaux.

Salum Athumani est l’agent de vulgarisation régional de Singida. Il soutient que les oiseaux surnommés quelea quelea ne s’attaquent au sorgho que lorsque les grains sont au stade laiteux, avant que le sorgho parvienne à maturité.

M. Athumani affirme que ces oiseaux s’attaquent à plusieurs cultures. Il conseille aux agricultrices et aux agriculteurs de continuer à se servir des moyens de lutte traditionnels contre les oiseaux. Si ces méthodes deviennent moins efficaces, la solution c’est que les autorités du district utilisent un aéronef pour répandre des produits chimiques qui rebutent les oiseaux.

Pili Athumani vit dans le village voisin de Mnung’una. Elle aussi a essayé d’attacher des sachets en plastique à ses plants de sorgho pour éloigner les oiseaux, mais elle cherche de nouvelles idées. Elle déclare : « L’utilisation des sachets est pratique jusqu’à un certain point, mais [un jour] les oiseaux finissent par s’y habituer et cela ne les effraie plus. En outre, les sachets fonctionnent mieux lorsqu’il vente, car lorsque le vent souffle, cela fait un bruit qui effraie les oiseaux. Ainsi, quand il n’y a pas de vent, les sachets deviennent moins efficaces. »

C’est pourquoi Mme Lida a également inventé un autre système. Elle a fait passer à travers son champ un fil de fer auquel il a attaché une boîte de conserve et des sachets en plastique. Elle fait cliqueter et secoue le fil elle-même, faisant ainsi du bruit pour faire fuir les oiseaux lorsqu’il ne vente pas.

Malgré les efforts fournis par les agriculteurs et les agricultrices, les oiseaux ont détruit une grande partie de leurs cultures, même si cette année l’absence de pluie a également compromis les récoltes de sorgho. Mme Athumani affirme qu’elle n’a récolté qu’un sac de sorgho, alors qu’elle aurait pu en récolter cinq au moins, n’eu été la présence des oiseaux et la mauvaise pluviométrie.

Elle a même semé tard pour éviter les oiseaux, comme l’avait recommandé une émission agricole diffusée à la radio. Et, à l’instar de plusieurs de ses voisin(e)s, elle a semé deux variétés de sorgho hâtives dénommées Masia 1 et Masia 2, dont elle avait entendu parler dans l’émission.

Maintenant qu’elle a récolté ce qu’elle a semé, Mme Lida et ses huit enfants consommeront le sorgho qu’elle a pu récolter, et continueront à faire preuve d’ingéniosité quand viendra le temps de chasser les oiseaux la saison prochaine.