Ghana : Les éleveurs et les éleveuses de pintades écoutent la radio pour maintenir leurs poussins en vie

02 May 2016
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Albert Asorgae dépose un œuf sur une grille et allume une ampoule en dessous. La technique de balayage des œufs lui permet de distinguer les bons œufs des mauvais. Il transfère les bons œufs dans une couveuse pour assurer leur survie.

M. Asorgae, spécialiste en pintades, est originaire de Mirigu, un village situé à 25 kilomètres, au nord de Bolgatanga, dans la Région du Haut Ghana oriental. L’homme d’affaires et agriculteur de 49 ans élève des pintades depuis l’âge de 30 ans, et affirme ne pas « rigoler lorsqu’il est question d’élevage de pintades. »

Il participe activement à la vie communautaire, en formant des groupes d’écoute communautaires et venant en aide à d’autres éleveurs et éleveuses peu expérimentés. M. Asorgae joue également le rôle d’expert régional en élevage de pintades dans l’association locale des éleveurs de pintades.

Actuellement, il a un troupeau de 160 pintades. Cependant, cette activité est difficile, même si on possède un analyseur d’œufs. Les pintades sont sensibles aux conditions climatiques, elles sont sujettes aux maladies et mangent beaucoup. Il déclare : « Avant qu’elles ne puissent survivre, il vous faudra prendre votre mal en patience. »

Apialore Alagiwuga élève des pintades dans le village voisin de Banyono. Il élève ces volatiles depuis 2008, mais a du mal à maintenir les poussins en vie. En moyenne, 70 % des poussins, petits de la pintade, meurent.

Il explique : « En réalité, ce sont les petits [qui nous] posent d’énormes problèmes, car là ils vont bien éclore [et, puis,] ils mourront tous. Ou bien 1 000 poussins éclosent, [et] peut-être que 500 ou 700 d’entre eux mourront. Quoi qu’il arrive, ils mourront. Alors, je ne sais quoi faire par rapport aux poussins. »

Anastina Asiah est une jeune mère originaire du village voisin de Sumbrungu. La femme de 22 ans s’inquiète du taux de mortalité élevé de ses pintades en raison de son poulailler qui est inadapté. Elle explique : « Nous ne savions pas qu’il fallait aménager un bon poulailler aux pintades et les mettre à l’abri de la pluie. »

Toutefois, les éleveurs et les éleveuses de pintades bénéficient désormais du soutien de Radio URA de Bolgatanga qui a diffusé une série d’émissions radiophoniques durant 16 semaines sur l’élevage des pintades. Celle-ci a été suivie d’une série d’émissions de 16 semaines diffusées actuellement sur la commercialisation de la pintade. Ces émissions parviennent aux communautés de la Région du Haut Ghana oriental, et dans certaines localités du Burkina Faso et du Togo.

Raymond Wegwi anime l’émission « Valla maga » qui signifie « Un temps avec les agriculteurs » en langue kasem. Il se rend sur le terrain pour interviewer les éleveurs et les éleveuses de pintades et retransmet ensuite leurs entretiens à l’antenne. M. Wegwi indique que l’émission a parlé des poulaillers, de la sélection des œufs, de l’incubation, la tenue des registres et des bonnes techniques d’élevage.

Les personnes qui ont les moyens de construire une poussinière pour y garder les poules et leurs poussins, à l’abri et dans la chaleur, remarquent que peu de leurs poussins meurent. Selon les experts, les poussinières doivent être construites avec des cages à poules, du bois et des tôles de toiture. Elles doivent être placées à 20 centimètres du sol, et être équipées de mangeoires et d’abreuvoirs sécurisés, tels que des boîtes de conserve, des pots ou des contenants en plastique. Une lanterne ou une ampoule électrique fournit de la lumière et la chaleur durant la nuit. Lorsqu’il fait froid, un espace complètement fermé doit être aménagé dans les poussinières.

La poussinière a permis à M. Alagiwugah de maintenir ses poussins en vie. Il explique : « Les petits sont en sécurité tant que nous les gardons dans un endroit où le froid ne pénètre pas. Parfois, nous plaçons une boîte dans [la poussinière] … pour conserver la chaleur afin d’empêcher le froid de pénétrer. Cela leur évite ainsi d’attraper la pneumonie. »

Il ajoute : « Donc, nous pouvons confiner [les poussins] comme il faut pendant trois ou quatre semaines, et ensuite nous ouvrons [la boîte]. »

Les conseils prodigués dans « Valla maga » ont permis à plusieurs éleveurs et éleveuses de réduire le taux de mortalité des poussins. L’animateur de radio M. Wegwi déclare : « Les éleveurs et les éleveuses qui, il y a [quelques] années, n’avaient plus de pintades possèdent désormais pas moins de 10, et ils sont très heureux. »

Avec un plus grand nombre de pintades qui survivent jusqu’à l’âge adulte, les éleveurs et les éleveuses sont confrontés à un autre problème, à savoir la commercialisation. Ce problème est actuellement l’objet de l’émission « Valla maga. ».

La plupart des éleveurs et éleveuses comptent sur les intermédiaires qui achètent leurs volatiles à très bas prix afin de maximiser leurs gains. M. Asorgae explique : « Même si vous essayez de vendre une pintade à 20 cedis, ils vous disent qu’elle [vaut] 10 ou 12 cedis. »

Malgré ces difficultés, M. Asorgae est optimiste par rapport à l’avenir. Il déclare : « Je me sers des pintades pour aider mes enfants à l’école, donc j’espère maintenant pouvoir me construire une maison, et aménager une très belle une ferme avicole qui me permettra de … gérer des milliers, pas de centaines, de pintades. »

L’émission de Radio URA sur les pintades est appuyée pas Radios Rurales Internationales dans le cadre de son projet visant à promouvoir le développement des chaînes de valeur au Ghana, au Mali, au Malawi et en Tanzanie.