Niger : La culture de tomates rapporte gros aux femmes (par Souleymane Maâzou pour Agro Hebdo Niger)

26 Mai 2014
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Dans la parcelle de Hourey Sani, certaines plantes présentent déjà des tomates mûres. D’autres par contre ne sont pas encore arrivées à maturité. Mais la récolte s’annonce abondante.  Cette agricultrice de 36 ans explique: « C’est mon second jardin de tomate. Au niveau du premier, tout est mûr. J’ai même commencé à vendre des corbeilles de tomates au marché ».

Mme Sani cultive des tomates depuis une dizaine d’années. Elle dit : « Chez nous, les femmes s’intéressent aux cultures maraîchères. Nous avons un grand espace de terres humides à Guidimouni ».

Guidimouni est située dans la partie Est du Niger, une région reconnue pour sa forte production de tomates.

Au marché hebdomadaire de Guidimouni, les femmes sont assises à même le sol, chacune avec un panier de tomates devant elle, prête à écouler leurs tomates. Pour ces femmes, la culture et la vente de tomate génèrent des revenus importants.

Mme Nassirou est une autre cultivatrice de tomate. Son mari est commerçant. Le mari de Mme Nassirou constante que grâce à la culture de la tomate, les femmes de Guidimouni arrivent de plus en plus à subvenir à leurs besoins ainsi que ceux de leurs familles.

Toutefois, les femmes productrices de tomate se plaignent du manque de moyens qui les empêchent de moderniser leur activité. Elles se disent handicapées par l’insuffisance des intrants, telles que des produits phytosanitaires ainsi que le manque de débouchés pour leurs tomates. « Nous sommes obligées de vendre au marché le produit directement cueilli du jardin. Et souvent à très bas prix », souligne la productrice de tomates, Hadiza Boubacar.

Mahamane Tahirou est ingénieure agronome à Niamey, spécialisée dans les cultures maraîchères. Elle dit qu’il y a nécessité d’organiser ces femmes en groupement.  Elle explique : « L’État et les partenaires au développement doivent les soutenir à travers la création des petites unités de transformation de tomates ».

Mme Sani se réjouit car son indépendance financière lui permet de subvenir aux besoins de ses enfants. Elle  raconte: « J’ai réussi à payer des meubles à mes filles [car] je gagne 5000 à 10 000 Francs CFA (10 à 20 dollars américains) par semaine dans la vente de tomates».