Burundi : Des riziculteurs améliorent leurs rendements grâce à des motoculteurs (par Jean De Dieu Ininahazwe, pour Agro Radio Hebdo au Burundi)

17 Décembre 2012
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Il est 11h et le soleil est presqu’au zénith. Sur la plaine d’Imbo, principale zone de production rizicole du Burundi, les paysans s’activent dans le repiquage du riz pour la deuxième saison culturale de l’année.

Parmi ces producteurs, un riziculteur de 30 ans appelé Zénos Nzabampema a de quoi être fier. Depuis deux ans, il a réussi à doubler ses rendements de riz. Sur son terrain d’un hectare, il récoltait environ 3 tonnes de riz. Mais, explique-t-il : « Aujourd’hui, je récolte autour de 5,5 tonnes ou voire même 6 tonnes. C’est la meilleure production que je n’ai jamais eu depuis que je suis riziculteur. »

Mais comment a-t-il pu obtenir ces rendements ? M. Nzabampema explique que tout est parti de l’acquisition à crédit de deux motoculteurs par sa coopérative grâce au soutien d’une ONG international appelé International Fertilizer Development Center ou IFDC. Le motoculteur est un engin agricole motorisé qui permet aux agriculteurs de travailler la terre plus rapidement.

Odette Ntirampeba est la présidente de la coopérative locale de riziculteurs appelé Girumwete-Dukore qui signifie « travailler avec courage.» Elle explique que là où 10 personnes devaient labourer pendant 2 jours, le motoculteur permet de le faire en 2 heures de temps. Au coût de 7 millions de francs burundais (4500 dollars américains), le motoculture est trop cher pour un seul agriculteur. Ainsi, la coopérative a négocié avec l’IFDC. Il a accepté de leur donner 2 motoculteurs à crédit. Chaque membre de la coopérative contribue a un compte qui permet de repayer le prêt.

Tous les producteurs de la plaine d’Imbo, qu’ils soient membres ou non de la coopérative profitent bien de ces engins. Les riziculteurs qui veulent utiliser les machines payent un frais qui correspond à l’étendue du terrain qu’ils nivelleront. Les members de la coopérative payent un frais moins élevé.

M. Nzabampema témoigne : « Avant, avec le travail à la main, le nivellement était difficile. Avec le motoculteur le nivellement est très simple; ce qui rend encore plus facile le repiquage en ligne. » De plus, il peut enterrer les herbes après le nivellement. Enterrer les herbes améliore le sol. C’est un travail qui est beaucoup plus difficile et exigeant à accomplir avec une houe.

Il y a quelques années, M. Nzabampema envisageait d’abandonner la culture du riz qui ne lui rapportait pas assez. Les frais de labour lui coûtaient très cher, ce qui diminuait son gain. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le coût de la production d’un hectare de riz à diminuer de plus de la moitié. Mieux, il arrive même à produire son riz deux fois par an.

M. Nzabampema témoigne : « Depuis environ deux ans, ma vie et celle de ma famille ont changé. Grâce à mes nouveaux rendements, j’ai gagné beaucoup. » Avec l’argent qu’il gagne, il s’est acheté 3 vaches frisonnes. Maintenant, sa famille consomme du lait et il leur en reste une bonne quantité à vendre. Il a construit une maison moderne. Il arrive à acheter ce dont il a besoin et plus encore.

Encouragé par ses récents rendements, M. Nzabampema envisage dans un avenir proche acheter son propre motoculteur et acheter d’autres terres pour produire plus.