Sénégal: Des villages progressent vers l’auto-suffisance, grâce au riz (IPS)

19 November 2012
A translation for this article is available in English

Un sentiment de fierté balaie la Vallée de Boyard, dans le sud-ouest du Sénégal. Ce sentiment a grandi avec l’augmentation de la production locale de riz. Dans cinq villages qui ne cultivaient autrefois que peu de riz, les agriculteurs sont près d’atteindre l’auto-suffisance.

Maï Niakh, une agricultrice locale, est fière de cet exploit. Elle déclare : « Nous mangeons du riz local 12 mois par année. »

Il n’y a pas si longtemps, de nombreux agriculteurs de la Vallée de Boyard avaient abandonné la riziculture. Leur sol était pauvre et l’augmentation de la salinité faisait en sorte qu’il était difficile de produire de bonnes cultures.

Les gestionnaires d’une initiative intitulée Projet de Soutien à l’Irrigation Locale à Petite Échelle ont travaillé de concert avec les agriculteurs pour gérer leur problème de salinité. Les agriculteurs ont aussi appris de nouvelles techniques agricoles. Avec ces nouvelles connaissances et le soutien qu’ils ont reçus, les agriculteurs ont vu leur rendement augmenter. Certains de ceux qui avaient auparavant laissé tomber la riziculture sont retournés dans leurs champs.

Ibrahima Faye dirige un comité inter-village formé dans le cadre de cette initiative. Elle se souvient des conditions qui prévalaient en 2004, avant le lancement de l’initiative. À l’époque, les agriculteurs récoltaient moins de 500 kilogrammes de riz par hectare. Mais depuis, les rendements ont augmenté chaque année. En 2008, les agriculteurs produisaient quatre tonnes par hectare. La surface des rizières a aussi augmenté.

Plus de 400 agriculteurs sont membres du comité. Chacun paie 5000 francs CFA par an (environ 10 dollars américains). En retour, ils reçoivent des semences et de l’engrais chimique. Ils bénéficient aussi de projets plus généraux tels qu’un barrage qui prévient l’infiltration de l’eau salée.

De nouvelles pratiques agricoles permettent aux agriculteurs de profiter au maximum de leur temps et de leurs ressources. Par exemple, ils ont appris à planter les pousses de riz en rangées ordonnées, plutôt que de façon aléatoire. Ils ont aussi appris comment construire des fosses afin de retenir de l’eau pour leurs champs.

Mme Faye fait remarquer que les agriculteurs vivent encore certaines difficultés. Certains ne parviennent pas à répondre aux besoins en riz de leur famille. L’année dernière, l’insuffisance des pluies a donné lieu à une maigre récolte. Les rendements en riz ont été plus bas qu’avant le lancement de l’initiative.

Mais cette année, les cultures ont belle allure. L’auto-suffisance locale en riz a presqu’été atteinte. Des efforts renouvelés de réhabilitation des champs vont permettre aux agriculteurs de cultiver du riz sur une surface encore plus étendue. Et l’initiative compte acheter un tracteur pour usage commun, en 2013.

Beaucoup d’agriculteurs de la Vallée de Boyard ont de beaux jours devant eux. Mame Mor Ndiaye, par exemple, dit : « Quand nous aurons un tracteur, non seulement nous produirons suffisamment de riz mais nous aurons aussi des surplus à vendre. »