Malawi: La riziculture tire les veuves de la pauvreté (par Norman Fulatira, pour Agro Radio Hebdo, au Malawi)

22 Octobre 2012
A translation for this article is available in English

Mme Witness Ngwira a travaillé dur pour se sortir de la pauvreté dans un système agricole qui, au Malawi, est contrôlé par les hommes. Elle a commencé à cultiver du riz peu de temps après la mort de son mari, il y a dix ans. En tant que femme, elle a fait face à de nombreuses difficultés, y compris le manque de terre et d’intrants agricoles.

Mme Ngwira a perdu la totalité de sa terre familiale quand son mari est décédé. Elle explique comment elle a commencé à améliorer sa vie: « Suivant les conseils de vulgarisateurs agricoles (…) j’ai adhéré au Hara Rice Scheme et j’ai obtenu un lopin de terre. Ça a été le début du changement dans ma vie. »

Mme Ngwira paie des frais d’adhésion modestes au Scheme. En échange, on lui donne un terrain qu’elle utilise pour faire pousser du riz.

Mme Ngwira récolte environ 120 sacs de riz chaque année, en arrosant ses plants elle-même ou en comptant sur les pluies pour l’irrigation. Elle transforme une partie de son riz mais elle vend essentiellement du riz non moulu à des marchands. Elle dit: « Durant une meilleure saison de vente de riz, je gagne environ 340 dollars américains par année, ce qui m’aide grandement à faire vivre ma famille. »

En tant que veuve vivant dans une région rurale du Malawi, Mme Ngwira a démontré un engagement considérable en riziculture. Cette implication a été récemment reconnue, lorsqu’elle a reçu un certificat d’agricultrice-modèle de la part de l’Union des Agriculteurs du Malawi.

M. Felix Jumbe est le Président de l’Union des Agriculteurs du Malawi. Il fait l’éloge de Mme Ngwira par rapport à ses réalisations et demande à plus de femmes de suivre son exemple afin d’éradiquer la pauvreté.

Mme Ngwira a bénéficié de son appartenance au Hara Rice Scheme. Le Scheme négocie un meilleur prix de vente pour les produits vendus en gros. Par conséquent, Mme Ngwira reçoit plus pour son riz. Un autre avantage pour elle et que, par le biais du Scheme, elle a un accès rapide et aisé à des marchés et à des services de vulgarisation.

Mme Ngwira dit que ça n’a pas été facile pour elle quand son mari est mort. Mais elle se réjouit que les revenus faits grâce à la riziculture l’ont aidée à construire une maison avec un toit de tôle, et lui ont permis de payer les frais de scolarité de ses deux enfants.